Envoûtants Lilly Wood & the Prick

Inventifs, enflammés, généreux, Lilly Wood & the Prick, les nouveaux poulains français du label indépendant Cinq7 sont actuellement en tournée. Très réussi, leur premier album (Invincible Friends) a propulsé Nili Hadida et Ben Cotto, 24 ans, sur le devant d'une scène hybride (pop, folk, électro...), qu'ils habitent déjà habilement. Rencontre aux dernières Francofolies de la Rochelle.

Duo pop de choc

Inventifs, enflammés, généreux, Lilly Wood & the Prick, les nouveaux poulains français du label indépendant Cinq7 sont actuellement en tournée. Très réussi, leur premier album (Invincible Friends) a propulsé Nili Hadida et Ben Cotto, 24 ans, sur le devant d'une scène hybride (pop, folk, électro...), qu'ils habitent déjà habilement. Rencontre aux dernières Francofolies de la Rochelle.

Avant de composer ensemble, ces deux-là ne s'étaient jamais parlés. Elle, Franco-israélienne et paumée en amour, enchaîne les petits boulots. Lui, Parisien de toujours, a un job dans l'audiovisuel et une guitare qu'il gratte pour soigner ses bobos à l'âme. C'est par l'entremise d'un ami qu'ils font connaissance, il y a quatre ans, dans un bar parisien. Ils discutent à peine, mais se rencardent deux jours plus tard, histoire de voir si le coup de foudre musical a lieu.

Et oui : en quelques heures, ils pondent trois chansons. Ben tricote la musique, Nili y pique des textes, suggère des mélodies, chante. "En anglais, parce qu'en français, on se mesurerait à Delpech, Brel, Gainsbourg, des auteurs qui ont mis la barre trop haut", précise Ben. Nili reprend : "Nous sommes devenus proches très vite, en faisant de la musique, tu te mets à poil tout de suite".

S'ensuit la classique tournée des rades de quartier, bars à couscous gratuit et autres sous-sols miteux. "Ça n'a pas duré dix ans, heureusement, mais c'était bien, on y jouait comme on joue aujourd'hui, avec l'envie de partager quelque chose avec ceux qui viennent nous voir", insiste Ben. Ils se font vite draguer par plusieurs maisons de disque, et optent pour Cinq7, réputée pour son intégrité : "Dans ce genre de structure, chaque nom a un visage, on travaille de manière humaine et pas noyés dans une grosse machine", observe Ben.

Naïfs et trashs

Le nom dont le duo s'affuble, Lilly Wood & the Prick, (prick signifie "branleur", en anglais) est raccord avec l'univers contrasté de son premier album, à la fois naïf et trash, joyeux et noir, bricolé et abouti. Un conte de fée qui déraille, sur une bande-son hétéroclite (pop, blues, rock, électro...), et dans lequel ni le prince, ni la princesse ne se font d'illusions. "On raconte le quotidien de gens qui ont entre 18 et 25 ans, des histoires de cœur, de fesses...", dit Ben. "On écrit simple, toujours sincères", complète Nili, aussi déjantée et volubile sur scène que lui est calme et discret. "Nos personnalités sont complémentaires, chacun rassure l'autre et lui apporte."

Ce 15 juillet-là, c'est à la foule des Francos de la Rochelle que Nili donne tout. Sa rage, ses éclats de rire mutins, ses désillusions, ses désirs. Sa sublime voix de diva soul tranche sur son côté enfantin. Elle minaude effrontément avec son auditoire, fait des blagues, des bonds, s'empare d'une guitare-clavier à la Jean-Michel Jarre, invite les spectateurs à la rejoindre sur scène avant d'entonner Little Johnny, une balade folk très baba cool. Ben la regarde, amusé, attendri. Elle a l'élégance de s'effacer parfois pour lui laisser son quart d'heure de solo et de gloire. Leur complicité tacite, leur fraîcheur et leur plaisir évident à titiller le public, à lui sourire franchement, font l'effet d'un délectable bain de jouvence. A suivre.

Lilly Wood & the Prick Invincible Friends (Cinq 7) 2010

En tournée dans toute la France, le 31 juillet au festival Fnac Indétendances, à Paris, et le 24 septembre à la Maroquinerie, à Paris.