Cheikh Lô

D’une incroyable finesse, Jamm ("la paix") prouve que le Sénégalais Cheikh Lô, sait tout faire, du mbalax à la salsa, avec un groove contemporain unique.

Jamm

D’une incroyable finesse, Jamm ("la paix") prouve que le Sénégalais Cheikh Lô, sait tout faire, du mbalax à la salsa, avec un groove contemporain unique.

L’air de rien, sans faire de bruit, Cheikh Lô concocte toujours de bons albums. Sur le papier, rien de très original : le chanteur aux dreadlocks est nostalgique de la période des grands orchestres, des coupes afro et des chemises serrées. Sur disque par contre, sa relecture de la période reflète une approche subtilement décalée. Comme à l’époque, on y entend pourtant des morceaux salsa ou les prémices d’un mbalax aérien, des guitares funky et même une reprise de Doni Doni de l’orchestre phare de la période, le Bembeya Jazz !

Et pourtant, il y a une couleur Cheikh Lô : des arrangements d’une finesse époustouflante, une orchestration délicate, un émouvant grain de voix, bref quelque chose d’unique. Même sa version de Dieuf Dieul, un de ses anciens morceaux, sorti en 1999 a gagné en légèreté ! Expert du maniement du tama et du sabar, les percussions du mbalax, il y ajoute le djembé, les congas, le triangle, pour en faire une base très contemporaine, nourrie de ses débuts panafricains au sein du Volta Jazz.

Synthèse de ses expériences passées, du mbalax acoustique de Nela Thiass, son premier album produit par Youssou N’Dour en 1996, à son plus récent Lamp Fall, peaufiné au Brésil et sorti en 2005 chez World Circuit, Jamm concentre toutes les qualités de Cheikh Lô. Ouverture, délicatesse, renouveau et… maturité, puisque Cheikh Lô, plus âgé que Youssou N’Dour - et nettement moins connu ! - a énormément tourné. Et représenté, en toute discrétion, la musique sénégalaise hors de ses frontières pendant plusieurs décennies.


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 Cheikh Lô

- 08/09/2016

Cheikh Lô Jamm (World Circuit) 2010

- 08/09/2016