Hey Hey My My

Changement d’humeur musicale pour le groupe parisien. Hey Hey My My s’éloigne des rivages folk et signe un second album pop énergique et versatile mixé par Tony Hoffer, connu pour son travail auprès de Supergrass, Air ou encore Beck.

Auteurs, il y a trois ans, d’un premier disque remarqué, les Hey Hey My My – au nom tiré d’une des meilleurs chansons de Neil Young – avaient, avant Revolver, revisité avec fraîcheur l’art de la pop song anglo-saxonne, sous de faux airs folk "à barbe". Sur scène, l’affaire prenait un tour viscéralement rock. Une énergie cette fois assumée dans ce nouvel album plus frondeur que leur effort initial.

Le titre du disque résume à lui seul l’esprit actuel du groupe, plus porté sur les sautes d’humeur que le ronronnement paisible. Not Fun Anymore, le single, joue le jeu des montagnes russes pop comme savaient le faire les Pixies en leur temps. Les guitares saturées incisives de Groove Combat convoquent leur passé punk rock (quand le duo s’appelait encore British Hawaii).

Versatile, le groupe parisien s’amuse parfois à lancer de fausses pistes pour déjouer la monotonie. De rock, l’album glisse subtilement vers l’électro dancefloor (Go To Hell), renoue avec la mélancolie folk sur quelques accords pour finalement lâcher un refrain de stade (The Next Bar). Ces ruptures de style auraient pu sonner creux, mais l’impeccable travail de mixage de Tony Hoffer (Beck, Supergrass) et le savoir-faire du duo en matière de mélodie pop rendent la chose fraîche et accessible. Malins et bonhommes, les Hey Hey My My montrent ici qu’ils n’ont que faire des carcans du bon goût, et c’est tant mieux.

Hey Hey My My A Sudden Change of Mood (Sober & Gentle) 2010
En concert à Paris le 5 mai à la Maroquinerie et le 23 novembre 2010 au Bataclan