Da Uzi de retour avec "Vrai 2 Vrai"

Le rappeur sevranais Da Uzi publie ces jours-ci l'album "Vrai 2 vrai". © FIFOU

C'est l'un des acteurs de la scène rap française. Da Uzi vient de sortir un nouvel opus, Vrai 2 Vrai, avec des collaborations prestigieuses comme celles du trop rare Nekfeu ou MHD.

Ceux qui ont découvert Da Uzi en candidat érudit et passionné de rap français dans Rap Jeu (présentée par Mehdi Maizi) sur YouTube et sur RFI dans l’émission de Juliette Fievet Légendes Urbaines (où Lara Fabian lui faisait une dédicace) savent déjà que ce rappeur de 28 ans est ce qu’on appelle en termes médiatiques un "bon client". Les autres, ceux qui le connaissent depuis sa série de freestyles, La D en personne, sont au courant depuis longtemps : ce natif d’Angers est un artiste à surveiller.

Avec son premier projet d’envergure, Architecte, sorti en 2020, Davy (son vrai prénom) avait prouvé qu’il savait bien s’entourer : Ninho, Maes, SCH, Mister You et Alonzo étaient en effet parmi les guests de cet album certifié Disque d’or.

Pour son retour avec Vrai 2 Vrai, le Sevranais d’adoption fait encore plus fort puisqu’il invite Nekfeu, Freeze Corleone, Soso Maness, MHD et Heuss L’Enfoiré pour un all star game dont le titre est là pour rappeler l’indispensable connexion à la rue, gage d’authenticité garantissant un produit AOC.

La référence du premier titre n’aura pas échappé aux fans de Brian De Palma (dont Da Uzi fait évidemment partie) : L’Impasse, titre français du film noir Carlito’s Way, est une chronique urbaine assemblant des morceaux de vie, évoquant ces "enfants de la tour qui braquent leurs rêves au pe-pom" dans ce cul-de-sac où "c’est devenu dur de s’aimer" sur un piano forcément nostalgique de Sofiane Pamart.

L’ambiance se muscle avec 27, où Freeze Corleone vient poser ses fameuses punchlines sur une production cosignée Iksma et Amine Farsi, avec un petit coup de main de Flem, producteur attitré de Freeze. Si Freeze reste égal à lui-même en termes de flow, Da Uzi force sa voix en mode hardcore, façon LIM, multipliant les allitérations et les images fortes ("Casier noir comme mes grosses caries, pourtant tout est carré").

Plus grand public, Costa Rica avec Heuss joue la carte de l’exotisme avec des rimes faciles et une musique estivale signée Seezy et Zeg P. L’un des clous de l’album est bien sûr le duo avec Nekfeu, Jeune d’en bas, exercice de kickage qui permettra aux fans de Feu de se consoler de sa rareté médiatique et de son retrait des réseaux sociaux.

On retrouve Sofiane Pamart sur Danse lugubre, curieuse chanson au goût d’inachevé et Génération 90 joue sur la nostalgie d’une époque que Uzi n’a pas connu, sur un beat très efficace de BBP. Du nord au sud en collaboration avec Soso Maness et ZKR trace la trajectoire Sevran/Roubaix/Marseille, Soso détaillant même la distance parcourue ("Marseille/Paris : 800 kilomètres, Marseille/Roubaix, 1011 kilomètres")

Au fil des 20 morceaux qui composent l’album, Da Uzi slalome entre "l’entertainment" et les récits de rue, évoquant à l’occasion son passage par la case prison, les trahisons intimes de certains amis et ses ambitions démesurées ("Je veux le contrat d’Usain Bolt et qu’on m’oublie quand je prends ma retraite" dans Le mal par le mal.

Certes, l’album est long et certains textes auraient gagné à être plus travaillés, mais la personnalité exubérante de Da Uzi compense les faiblesses d’un disque sympathique et dans l’air du temps rapologique,

Da Uzi Vrai 2 vrai (Rec. 118) 2021
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