Louis-Jean Cormier, de la tête au cœur

L'album "Les Grandes Artères" de Louis-Jean Cormier

Le chanteur du groupe Karkwa arrive dans l'Hexagone avec un deuxième album des plus réussi. Véritable carton au Québec, Les Grandes Artères est un disque debout, plein d'amours tumultueuses. 

Désormais chanteur populaire, Louis-Jean Cormier nous rappelle aussi que la pop en français se porte comme un charme de l'autre côté de l'océan.

Ceux qui aiment le rock francophone avaient noté voici quelques années sur leurs tablettes – pas encore numériques - deux groupes quasi indissociables : Malajube, d'un côté, et Karkwa, de l'autre. 

À l'image d'une scène québécoise largement mésestimée par ici, ces deux formations devaient faire quelques incursions en France sans que cela ne prête trop à conséquences. Peu de monde aura donc retenu le nom de Louis-Jean Cormier, le chanteur au grain de voix fêlé de Karkwa.

Un chanteur populaire

À l'heure où il débarque seul en France, celui qu'on appelle tout simplement Louis-Jean chez lui est désormais un chanteur populaire. Coach pour le télé-crochet La Voix, la déclinaison à très fortes parts d'audiences de l'émission The Voice, il a débuté depuis la dissolution de son groupe une carrière d'auteur-compositeur-interprète à succès. Très influencé par les anglais de Radiohead, il écrit des chansons pop à guitare qui parlent d'amour à mi-voix.

Paru au printemps 2015 au Québec, Les Grandes Artères est en fait le deuxième disque de ce garçon ô combien talentueux. Avec ses cuivres aériens, son banjo qui revient de-ci, de-là, et ses cassures de rythme franches, c'est une synthèse parfaite de son style.

On paierait quelques dollars canadiens pour entendre plus souvent des chansons aussi accrocheuses que Si tu reviens, aussi bien orchestrées que Traverser les travaux ou aussi touchantes que Deux saisons trois quarts.

L’engagement à l’honneur

Racontant les tumultes de l'engagement amoureux, Les Grandes Artères évoque par ailleurs l'engagement tout court. ”Qu'on casse les jambes / Pour avoir envahi le boulevard / S'il faut qu'on y rampe / J'aime mieux ramper que de me rasseoir”, dit La fanfare, en référence aux mobilisations en Amérique du Nord, des manifestations étudiantes du Printemps érable de 2012 jusqu'aux récents mouvements de protestation contre les banquiers.

Qu'on nous laisse rêver”, ajoute le chanteur à la fin de ce titre. On n'a décidément pas trouvé meilleure conclusion.            

Louis-Jean Cormier, Les Grandes Artères (Simone Records / Yotanka / [PIAS]) 2016. 

Site officiel de Louis-Jean Cormier
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