Nosfell poursuit ses explorations

À peine trentenaire, Nosfell livre son troisième album studio travaillé avec le producteur de Queen of the Stone Age, Alain Johannes. Il sort aussi un livre/album, Le Lac aux Vélies, avec lequel il est à l’affiche le 29 juin à la Salle Pleyel. Que ceux qui suivent cet artiste atypique se rassurent : il continue ses explorations linguistiques.

La collaboration avec Alain Johannes des Queens of the Stone Age. "J’avais écrit et composé 20 chansons. Comme nous avions déjà un projet avec un orchestre philharmonique (Le Lac aux Vélies) et que je voulais absolument travailler avec Alain Johannes, on a choisi des chansons rock, là où les guitares étaient les plus présentes. J’étais fan d’Alain, alors on est allé enregistrer chez lui, à Los Angeles. Il n’a pas de studio, il a tout chez lui. Dans sa chambre, il y a les amplis et dans la chambre d’amis, il y a Pro Tools et toutes les machines."

L’enregistrement. "Le rôle d'Alain a été celui d’un réalisateur de cinéma : nous sommes arrivés avec le scénario, lui nous a aidé à mettre en image. On a travaillé dur mais l’ambiance de travail était super détendue. La mère d’Alain nous faisait la cuisine."

Bargain Healers, l’histoire d’une chanson. "Le dernier jour d'enregistrement, il ne me restait que ce morceau, Bargain Healers. Brody Dalle (The Distillers, Spinerette) a accepté de le chanter et Josh Homme (ndlr : son mari et par ailleurs membre de Queens of Stone Age) est venu enregistrer avec nous. Cette chanson est un peu gothique. J’imagine deux personnages qui ont été enfermés dans une grotte. L’un serait sorti en voulant passer un message au monde entier ; l’autre aurait perdu la parole. Le texte a une résonance particulière. Quand Brody chante en anglais, elle me dit qu’elle ne comprend rien à ce que je dis. Moi, je chante en klokobetz."

 

Le klokobetz, un langage artistique. part les paroles de Bargain Healers qui sont venues en anglais, j’ai écrit tous les textes en français avant de les traduire dans ma langue. Cette fois-ci, je voulais pousser ce langage le plus loin possible. Le klokobetz devait devenir un outil artistique plus que quelque chose qui remonte à mon enfance. Pour écrire, je m’inspire des tableaux naïfs qu’on retrouve dans les églises. Chacun raconte une scène et ces scènes racontent, chacune à leur manière, une partie de l’histoire. Mes albums ne sont pas des histoires, avec un début et une fin. Il y a toujours un fil rouge mais en fait, les chansons du premier, du deuxième et du troisième album se répondent. Avec celui-là, je clos un triptyque." 

 

 

 Lire la chronique de l'album de
 Nosfell

Nosfell (V2 /Polydor) 2009
Nosfell & Ludovic Dubeurme le Lac aux Vélies (Editions Gallisol) 2009
En concert à la Salle Pleyel le 29 juin