Jean-Louis Aubert, solo ou presque...

Jean-Louis Aubert en concert. © AFP/Sébastien Bozon

Avant un nouvel album annoncé pour l’automne, Jean-Louis Aubert poursuit une tournée acoustique. Solo mais pas tout à fait seul, il présentait quelques unes de ses nouvelles chansons et puis revisitait les tubes qui ont jalonné sa carrière. On était à Paris, au théâtre Mogador, ce mardi 21 mai pour voir ce spectacle où l’ancien chanteur de Téléphone se démultiplie.

Sur la scène, deux écrans sont posés de chaque côté. Il y a un piano et des percussions qui se font face au centre, une guitare, et puis en arrière-plan, une animation reproduit l’atmosphère d’un loft. Dans ce décor animé, un petit personnage est assis côté cour, guitare à la main, tandis que Jean-Louis Aubert apparaît par intermittence dans l’angle opposé tout en haut de l’écran, le nez sur un ordinateur portable. Mais ce qui nous étonne le plus, ce n’est pas ce décor, ce sont plutôt les rangées de pédaliers sur l’avant du plateau. Un attirail beaucoup plus impressionnant que celui du commun des guitaristes.

L’ancien chanteur de Téléphone apparaît donc avec sa douze cordes et il est suivi de près par son double virtuel, qui lui ressemble ado mais avec "plus de boutons". Cet hologramme, "Ouilanj" - Jean-Louis, à l’envers- reviendra quelques fois au cours des deux heures de spectacle, mais il est disons-le anecdotique. 

Car l’essentiel de ce concert acoustique, c’est bien sûr Jean-Louis Aubert et "son dragon", du nom des pédales de l’orgue de Jean-Sébastien Bach. À savoir : l’alignement de pédaliers qui lui sert non seulement à sampler sa guitare, mais aussi à jouer de tous les instruments à la fois et, à actionner les animations projetées comme les jeux de lumières. "Une alliance de machines vintage et de mathématiciens", résume-t-il. 

Une collection de tubes

S’il s’agit bien de concerts en solo pour cette tournée Prémixes, qui annonce un nouvel album à paraître à l’automne, c’est un peu comme s’ils étaient accompagnés d’un groupe. Jean-Louis Aubert devient grâce à l’apport de la technologie, un véritable homme-orchestre qui joue de tous les instruments à la fois : basse, harmonica, piano, grosse caisse…  

Dans la lignée de Stephan Eicher et de la dernière tournée de -M-, encore sur les routes, Aubert s’est donc converti à l’automation, avec quand même une grande liberté d’action, puisqu’il arpente la scène de long en large, allant jusque dans la fosse du théâtre. Bref, il donne l’impression d’être chez lui. 

Quand il salue tout le monde, ce bonhomme de 64 ans a l’air d’un adolescent, avec sa veste bleue, son jean et ses baskets, si bien qu’on a l’impression de retrouver un ami de la famille qui vient vous jouer ses chansons. Il faut dire que le répertoire parcouru mardi soir, devant un théâtre Mogador complet, a alterné entre de nouveaux titres et puis, comme d’habitude, une collection de tubes.

Il y a alors les tubes en solo : Juste une illusion, Temps à nouveau, Les plages, Alter ego… Les tubes de Téléphone :  Le jour s’est levé, New York avec toi, Ça, c’est vraiment toi… Et puis il y a un hommage à Barbara sur Dis quand reviendras-tu ?, et un poème de Rimbaud. 

Lorsqu’elles ne sont pas chantées à tue-tête, les chansons se lisent sur les lèvres des premiers rangs, même les moins connues comme Demain, là-bas, peut-être ou Marcelle, très appréciée par les purs et durs. Seules les nouvelles chansons n’ont pas encore trouvé leur place auprès du public et c’est logique. Quant à la dimension visuelle de ce spectacle ? Si les images de synthèse sont parfois légèrement kitsch – aïe, les images de campagne, de coucher de soleil sur la mer-, il est amusant de voir le chanteur enregistrer sa propre image, ensuite diffusée sur les écrans. Et puis, un concert de Jean-Louis Aubert, c’est toujours un moment plein d’émotions. 

À l’image de cette fin, où Aubert revient, disant : "Vous voulez chantez La bombe humaine ? Celle là, je sais pas si j’aurais le courage de la chanter au Bataclan ? Mais faut qu’on y retourne, faut pas que ça devienne un garage." Avant de laisser le public chanter, et puis d’entonner Voilà, c’est fini. 

La tournée acoustique de Jean-Louis Aubert, qui passe par de belles salles parisiennes et des théâtres dans toute la France se poursuit. Il sera notamment, les 7, 8, 14 et 15 novembre au Bataclan, à Paris.  

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