Roseaux, avec un vent de créolité

Habitué aux reprises, le groupe Roseaux passe à l'écriture avec l'album "Roseaux II". © OJOZ

C’est un groupe qui a repris jusqu’ici des chansons méconnues de la musique soul et du folk. Autour d’un ancien programmateur de Radio Nova, Émile Omar, et d’une pléiade d’interprètes, Roseaux passe à l’écriture. Son nouveau disque Roseaux II voyage du continent africain au Brésil, en passant par les Caraïbes.

On ne peut écouter ce collectif sans penser à un autre groupe, Nouvelle Vague, qui revisite depuis quinze ans les tubes de la new wave sur un air de bossa-nova. Monté par Émile Omar, ancien programmateur de Radio Nova, le violoncelliste Clément Petit et le multi-instrumentiste Alex Finkin, Roseaux avait principalement repris de grands oubliés de la soul et du folk jusqu’ici. Il passe à l’écriture et confirme un goût pour les mélanges élégants, dans lesquels la douceur est surtout de mise. 

Si Roseaux reposait jusqu’ici sur la voix du chanteur Aloe Blacc, sa musique voyage cette fois-ci du continent africain au Brésil, en passant par les Caraïbes. La Québécoise d’origine haïtienne, Melissa Laveaux et Anna Majidson sont les voix féminines de ce deuxième album qui alterne entre groove et ballades torturées. Bien dans son registre, Ben l’Oncle Soul passe d’une chanson pleine de bonnes vibrations à un "I am going home" qui n’a rien à envier aux crève-cœurs de la soul des sixties. Quant au Camerounais Blick Bassy... Tout en légèreté, il amène l’air qu’il faut à des chansons emplies de saudade.

Côté reprises, le confidentiel Olle Nyman livre une version plus orchestrée de son Heart & soul, qui a figuré parmi les pépites qui font le sel de Radio Nova, et miss Laveaux amène le folk du You Can Discover de John Martyn, vers des élans plus joyeux. D’une simplicité apparente, on veut bien croire que cette musique a été le fruit d’une lente maturation, avec ses arrangements sophistiqués de cordes et de cuivres. Le mixage confié à Renaud Letang (Manu Chao, Feist, Alain Souchon...) est irréprochable.

Alors, ce Roseaux ne changera peut-être pas la face du folk, mais son atmosphère cotonneuse accompagnera impeccablement les journées de cet automne et de cet hiver.

Roseaux Roseaux II (Tôt ou Tard) 2019

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