Naive New Beaters, un peu, beaucoup, à la folie…

Les Naïve New Beaters © Romain Chassaing

Bière, blagues, musique, cinéma... la bande des Naive New Beaters aime toujours s'amuser. Elle le prouve avec ce troisième album, A la folie, né après des ruptures, mais toujours aussi dansant.

Les trois amis défendent cet opus sur toutes les scènes de France, au risque de s'éloigner de la vie de couple.

RFI Musique : Qu'êtes-vous allés faire à Saint-André-de-Cruzières ?
David Boring : Monsieur est bien renseigné ! C'est un peu devenu le manoir Naive New Beaters, en Ardèche. On aurait peut-être mieux fait de dire qu'on était allé enregistrer en Argentine plutôt qu'à Saint-André-de-Cruzières, ou en Chine. D'ailleurs, il y a un documentaire Yo Pékin! qui le prouve.
Eurobelix : Oui, on peut l'appeler comme ça. C'est une maison qui appartient à ma famille. Nous avions déjà essayé de nous enfermer là-bas pour y faire de la musique, mais cela s'était terminé en saucissons : on avait mangé beaucoup de saucissons dehors, car il faisait très beau et on avait peu travaillé. Cette fois-ci, nous y étions début janvier, la seule chose à faire c'était de la musique...
Martin Luther B. B. King : ... et chercher du bois pour se chauffer. On était du matin au soir dans la salle principale en joggings et en pulls à faire de la musique et à alimenter la cheminée, avec du bois.
Eurobelix : On avait même verrouillé la propriété pour que personne ne puisse entrer. Malgré cela, on s'est fait chourer des bouteilles de vin. Mon père a évidemment cru que nous avions vidé la cave, je veux qu'il sache que ce n'est pas nous ! (rires).

 
Est-ce pour cela que vous avez créé la Naive New Beer ?
David Boring : Oui, pour rembourser son père ! (rires) Non, cela fait un an et demi que nous avons lancé le premier brassage. On a concassé l'orge, on a choisi les levures... Notre bière est produite en petites quantités à Gisors.
Eurobelix : Nous étions jaloux de groupes comme Black Sabbath, AC/DC ou Iron Maiden qui ont leur propre bière.
 
Vous n'avez pas noyé le chagrin de vos ruptures dans la bière…
Eurobelix : Nos ruptures ont été l'étincelle qui a lancé le processus créatif de tout cet album. On s'est tous les trois fait larguer par nos copines en un mois. Nous n'avions plus non plus de label… Nous nous sommes donc retrouvés seuls en Ardèche. Le disque reflète toutes les émotions par lesquelles nous sommes passés après ces ruptures. Sur scène, nous avons fait appel à deux femmes, à la basse et à au clavier.
 
La vie de musicien est-elle incompatible avec la vie de couple ?
Eurobelix : C'est compliqué d'être musicien et en couple. La tournée, l'absence… Ta copine ne te voit pas pendant un an et demi, ou alors le lundi. De retour de tournée, tu es crevé, donc pas le plus agréable au monde. Enfin, après la tournée, tu es à la maison tous les jours… Ce n'est vraiment pas évident !
David Boring : Il faut un partenaire indépendant, conciliant ou éperdument amoureux !

Avez-vous le même bagage musical ?
Eurobelix : Pas trop, non. Gamin, j'ai récupéré des vinyles de mon oncle. Les Beatles, David Bowie, Simon & Garfunkel...ensuite, sous la pression de mes potes, j'ai fini par écouter du rap français à l'adolescence. Par exemple, Time Bomb, Oxmo Puccino, Lunatic...
David Boring : J'ai eu plusieurs phases. Petit, j'étais grand fan de Michael Jackson et Queen, surtout leur Greatest Hits nº2. Puis j'ai eu une petite période grunge, j'écoutais Nirvana, Stone Temple Pilot, Porno for Pyros. Ensuite, je suis devenu un techno man, j'écoutais de la trance goa. Mais en fait, je n'aimais pas trop, je préférais l'acid house. Paul Van Dyk, c'était mon préféré ! J'ai aussi été reggae man, on allait à des concerts au Cadran, à Colombes (en banlieue parisienne, ndlr).
Martin Luther B. B. King : J'ai découvert la guitare en même temps que la musique, notamment celle d'AC/DC, ce qui m'a donné envie d'en jouer. J'étais très sectaire et ne jurais que par le hard rock. Un jour, j'ai découvert le premier album des Daft Punk. Cela m'a montré que l'on pouvait faire de la musique violente sans une seule guitare.
David Boring : Oui, à force d'écouter de la musique ensemble, nous avons quelques influences musicales communes. Comme les Red Hot Chilli Peppers, parce qu'ils aiment bien s'amuser.
 
Comment la chanteuse Izia s'est-elle laissé convaincre par la disco de Heal Tomorrow ?
Martin Luther B. B. King : On la connaît depuis un moment. Elle a chanté avec nous sur scène et sur une mixtape avec ce même titre, au début de la composition de notre nouvel album.
 
Qui sont les Naive New Beaters ?
Martin Luther B. B. King : Une future multinationale ! (rires)
Eurobelix : Ce n'est pas une amitié entre musiciens mais une bande de potes qui sont devenus musiciens. On a appris à faire de la musique ensemble. Et nous n'avons jamais joué dans d'autres groupes. Je dirais que nous sommes des artistes-artisans. Quelle est la frontière entre l'artisanat et l'art ?
David Boring :D'où nos combinaisons costards sur scène, blanches avec des effets marbrés. On n'allait quand même pas jouer en costumes comme sur la pochette de l'album ! Nous pouvons être chics, mais nous sommes aussi travailleurs.
 
Naive New Beaters À la folie (Capitol/Universal) 2016
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